Cabane à sucre à Québec

Cabane à sucre à Québec

cabane_01_Guy_LangevinLa cabane à sucre, une importante icône culturelle au Québec, ne m’est pas complètement étrangère ayant grandi en Ontario. Là-bas nous y référons cependant en tant que « sugar shack » et non « cabane à sucre ». Autre la différence de langue, il existe plusieurs similarités entre le sugar shack de l’Ontario et la cabane à sucre du Québec. Ce sont généralement de petites cabanes champêtres situées dans une forêt composée essentiellement d’érables à sucre. La méthode traditionnelle pour récolter l’eau d’érable, ou la sève brute, est pratiquement la même : des faussets de bois ou de métal sont insérés dans les arbres, ensuite des sauts sont accrochés à ces « robinets » afin de récolter la sève. À l’époque, on récoltait la sève à l’aide d’un réservoir sur un traîneau tiré par un cheval qui la rapportait à la cabane pour être bouillie jusqu’à l’obtention du sirop.

Aujourd’hui, le processus a été entièrement modernisé pour plus d’efficacité. Bon nombre de producteurs sont maintenant équipés d’un réseau de tuyaux de plastique qui collectent la sève de façon à ce qu’elle s’écoule directement vers l’évaporateur. Ce dernier et les motoneiges ont surpassé les chevaux et les traineaux. La production du sirop d’érable est devenue une grande entreprise, spécialement au Québec; un fait qui s’est concrétisé par l’incident qui a suivi l’important vol de sirop de 2012.

Selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, le Québec est responsable de 70 % à 80 % de la production de sirop d’érable mondiale et est aussi le domicile de la Réserve stratégique mondiale de sirop d’érable. La fédération a mentionné que les voleurs avaient pris la fuite avec environ 10 millions de livres d’or liquide provenant d’un entrepôt à St-Louis-de-Blandford, une réserve représentant une valeur marchande de 30 millions de dollars. Tout à coup, il était question de pénurie de sirop d’érable et on craignant que les prix ne montent en flèche. J’ai moi-même considéré acheter quelques cannes de sirop supplémentaires pour faire des provisions, juste au cas où les coupables n’étaient jamais retrouvés.

cabane_07_Guy_LangevinCependant, ce n’est pas simplement pour des raisons économiques que la production de sirop d’érable tient une place si importante dans la psyché québécoise, il y a aussi des raisons culturelles. On retrouve la présence de la cabane à sucre dans l’art populaire : un traineau tiré par un cheval à travers la forêt, une mer de sauts de métal accrochés à des arbres et une petite cabane dans le bois avec un panage de fumée s’échappant de la cheminée, se sont tous là d’éternelles images sculptées dans le bois, peintes sur des assiettes ou représentées sur des tapisseries par des artisans québécois. Il s’agit d’un symbole impérissable autant du passé que du présent du Québec.

Lorsque le printemps approche, bon nombre de Québécois se précipitent à leur cabane à sucre préférée. Plusieurs érablières sont plutôt commerciales puisque le concept a été extensivement exploité à l’intention des touristes. Toutefois, c’est généralement dans ces érablières « touristiques » que l’on peut entendre les traditionnels rigaudons québécois en musique de fond et que l’on sert de copieux repas composés d’un festin d’œufs, de saucisses, de crêpes et peut-être même d’oreilles de criss, un plat typiquement québécois fait de tranches de lard frites. Tout cela destiné à être submergé sous une considérable quantité de sirop d’érable.

Si vous êtes un citadin pur et dur et qu’une promenade dans les bois ne vous intéresse pas, il y a quand même moyen de goûter à l’expérience de la cabane à sucre sans quitter la ville. Pour sa dixième année, la Cabane à sucre du parc, situé dans la forêt d’érables dans le parc du Bois-de-Coulonge à Sillery, offre une belle journée plein air dans une atmosphère festive. Vous pouvez y visiter une cabane à sucre en exploitation où la sève bouillonne dans les casseroles et vous y sucrez le bec en goutant la tire sur la neige ou en achetant du beurre et du sirop d’érable. C’est aussi authentique que possible sans être obligé de conduire une vingtaine de minutes à l’extérieur de Québec.

Comme l’hiver est long, froid et gris, une visite à la cabane à sucre est exactement ce qu’il faut pour vous réchauffer l’esprit et vous permettre de passer à travers la dernière ligne droite de la saison avant que les premiers signes du printemps n’apparaissent.

Info :

Cabane à sucre du Parc du Bois-de-Coulonge, 1215, Grande Allée Ouest, Québec

http://www.capitale.gouv.qc.ca

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