Dans l’engrenage de David Veilleux

Dans l’engrenage de David Veilleux

LiQ_Mag_Mar_2015_coverCet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

Abonnez-vous!

This article is also available in English

Par Simon Jacobs

Après avoir gagné le semi-classique italien Tre Varesine et les étapes d’ouverture du Critérium de la Dauphine, le cycliste québécois David Veilleux a pris part au Tour de France. Il a fait partie de l’équipe Eurocar, devenant le premier Québécois dans la course, et termina une saison 2013 incroyable. En septembre de la même année, il en a surpris plusieurs avec l’annonce de sa retraite du circuit professionnel.

Life in Québec met Veilleux at lunchtime in a crowded cafeteria at Laval University. He was between classes, studying for a degree in mechanical engineering, a dream that he says he has cherished for almost as long as he dreamed of racing in the Tour de France. His blue eyes showed a steely determination and as he spoke, it became clear that he had carefully planned his tactics. Veilleux strategized his race from the beginning, with clear goals and objectives all driven by a ruthless competitive instinct. “I never raced to beat someone. I always raced to beat myself. If I had a good result I would be happy but I would always ask how I could do better, keep pushing myself to achieve higher levels,” he said, stretching out in a plastic cafeteria chair.

In 1999, at age 11, Veilleux started mountain biking. Six years later, he entered a study and sports (sport-études) program, studying in the morning and cycling in the afternoon. His coach, who had more experience in road racing, convinced him to try it. “I remember that during the winter, the coach would make us watch VHS tapes of races like the Tour of Flanders, Paris-Roubaix and the Tour de France.” He took to racing like a fish to water and it was thanks to those videos of the famous road races that he found his goal: to compete in the Tour de France.

Throughout his training and his professional career, Veilleux also took courses part-time at CEGEP and university. Even when he was on the professional circuit, he took two or three courses during the fall semesters when there were fewer events and training wasn’t as intense, quite a difference from the European professionals he was racing with. Many of them do the smallest amount of school necessary and have no backup career plan once they become professional racers. One professional cyclist, learning of Veilleux’s decision to retire said he wouldn’t do the same thing, not so much because he didn’t want to, but because he had no idea what lay ahead after cycling. “I felt sorry for the guy, because he put all his eggs in one basket,” Veilleux says. “ It’s OK, but you always have to be thinking of a plan B in my opinion.”

Life in Québec a rencontré Veilleux sur l’heure du midi dans une cafétéria bondé de l’Université Laval. Il était entre deux cours de ses études en génie mécanique, un rêve qu’il dit avoir depuis presque aussi longtemps qu’il rêve de prendre part au Tour de France. Ses yeux bleus montrent une détermination de fer lorsqu’il parle, et c’est clair qu’il a soigneusement choisi son plan. Veilleux a monté sa stratégie de course dès le début, avec des objectifs et buts précis, le tout poussé par un instinct compétitif impitoyable. « Je n’ai jamais fait de course pour battre un autre. C’était toujours pour me battre moi-même. Si j’avais un bon résultat, j’étais heureux, mais je me demandais toujours comment faire mieux, comment me pousser au prochain niveau, » il dit, s’étirant dans la chaise en plastique de la cafétéria.

En 1999, à onze ans, Veilleux commence à pratiquer le vélo de montagne. Six ans plus tard, il entre dans un programme de sport-études, étudiant le matin et s’entrainant à vélo l’après-midi. Son entraineur avait plus d’expérience en course sur route et l’a convaincu de s’y essayer. « Je me souviens que l’hiver, l’entraineur nous montrait des enregistrements sur VHS de courses comme le Tour de Flandre, Paris-Roubaix et le Tour de France. » À la course, il était comme un poisson dans l’eau. Grâce à ces vidéos des grandes courses sur route il trouva son but : le Tour de France.

Tout au long de sa carrière d’entrainement professionnel, Veilleux a aussi suivi des cours à temps partiel au CEGEP et à l’université. Même lors de son temps sur le circuit professionnel, il suivait deux ou trois cours en session d’automne quand il y avait moins d’épreuves et que l’entrainement était moins intense. Ses compétiteurs professionnels européens n’en faisaient pas autant. La plupart ne font que le strict minimum d’études nécessaire et n’ont aucun autre plan de carrière une fois qu’ils sont coureurs professionnels. Un cycliste professionnel, apprenant la décision de Veilleux de prendre sa retraite, affirma qu’il ne ferait jamais la même chose, non parce qu’il ne voulait pas le faire, mais parce qu’il n’avait aucune idée quoi faire après le vélo. « Je me sentais mal pour le gars, parce qu’il avait mis tous ses œufs dans le même panier, » dit Veilleux. « C’est correct, mais selon moi il faut toujours penser à un plan B. »

Veilleux dit qu’il a été attiré par les tactiques d’équipe dans le cyclisme, ce qui peut sembler peu apparent à l’observateur profane. En général, il explique, la résistance du vent va couter au coureur avant 30 pour cent plus d’énergie que ceux derrière lui. Les tactiques tournent autour de savoir qui est en meilleure forme cette journée-là et quel est sa spécialité; un membre peut être excellent sprinteur, tandis qu’un autre est plus apte dans les montagnes. Quand l’équipe est ensemble, c’est possible que deux ou trois membres soient sacrifiés pour maintenir l’énergie des cyclistes étoiles et qu’ils ne finissent même pas la course.

C’est difficile de parler de cyclisme professionnel sans parler du dopage, un problème qui est venu en l’avant-scène en 2012 quand l’Union cycliste internationale (UCI) enleva à l’américain Lance Armstrong sept titres du Tour de France pour avoir systématiquement menti à propos de son dopage. Au tournant du 21e siècle, le dopage était monnaie courante dans le monde du cyclisme. Le dopage était poussé par les docteurs et gestionnaires d’équipe et désavantageait sérieusement un coureur qui ne se dopait pas.

LiQ_Mag_Sub_Banner« Je n’essaie pas de faire d’excuses, mais quand un cycliste n’a pas de plan de vie alternatif, ça devient encore plus difficile refuser ce genre de situation, » dit Veilleux.

Depuis le scandale Armstrong, l’UCI a fait un effort massif pour nettoyer le sport et aujourd’hui il y a beaucoup plus d’opportunités pour les jeunes coureurs qui n’en veulent pas. Le dopage « n’est même plus une option maintenant, » dit Veilleux. « C’est évident en regardant la vitesse des courses aujourd’hui et l’utilisation de plus de tactiques dans les courses. »

Même si Veilleux vit maintenant avec sa femme à Neuville, à quelque 30km à l’ouest de Québec, il ne vient pas à l’université en vélo. Après sa retraite, il dit que son vélo est plus un plaisir. « Avant, [ma femme et moi] ne pouvions pas rouler ensemble, parce qu’elle n’était pas assez vite et je devais m’entrainer. Après mes quatre ou cinq heures d’entrainement je ne voulais vraiment pas me remettre à vélo avec elle. Maintenant si je sors pour une heure, ça ne me dérange pas d’aller à 40km/h ou juste 25km/h, alors je l’apprécie. Je m’entraine quand même, mais il n’y a pas de stress autour de ça. » La retraite lui a donné une liberté qu’il dit ne jamais avoir eue auparavant. Cela fait 10 ans que sa vie tourne autour de l’entrainement et de la course, parfois au détriment de sa vie sociale. Amateur de bonne bouffe, il dit qu’il devait se priver de plusieurs des plaisirs culinaires de la vie pour maintenir un poids santé.

Depuis sa retraite, Veilleux ne s’est pas inscrit à des courses à vélo plus locales – parce qu’il est trop occupé par ses cours. Son programme comportait un stage obligatoire, alors il a travaillé en recherche et développement pour les bicycles Devinci au Saguenay. « C’était amusant, touchant essentiellement à mes deux passions. C’est un bon environnement et une bonne équipe, et j’espère continuer après l’obtention de mon diplôme en juin, » il dit. Veilleux est aussi devenu conférencier. Ses présentations se nomment « Rien n’est impossible » et offrent des trucs pour atteindre ses buts basés sur les principes qu’il a appris lors de ses expériences en cyclisme.

………………………………………………………………………………….

Cet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

Abonnez-vous!

About Author

Simon Jacobs

Originally from the UK, Simon Jacobs has been living in Quebec City since 1989. He played viola with the Quebec Symphony Orchestra for 20 years before moving on to become the Executive Director of the Morrin Centre. Currently studying for an MBA at Laval University, he is also a certified Quebec City tour guide and a historian specialising in the Jewish history of Quebec City. He is the current president of the Québec Anglophone heritage network.

Write a Comment

Only registered users can comment.