Frank Herbert and Friedrich Nietzche for New Years 2014

Frank Herbert and Friedrich Nietzche for New Years 2014

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If Christmas is the time to celebrate with family, New Years is more about introspection.  This is why I wish we, as Québécois, will take a moment to think about who we are today, and who we want to be in the years to come.

I wish us this because, following some political maneuvering this past year, we’re now forced to ask ourselves the question.  Even if officially we talk in general terms and imprecise politically correct keywords, let’s not beat around the bush – this is about the fear of radical Islam.  The fears of the post-9/11 world have finally reached our door.

And there’s a lot to be afraid of. With reason. Wherever radical fundamentalism gains ground, human rights and even simple human dignity loses it.  Women are infantilized and their bodies and clothing become shameful objects to be owned and managed by others.  Those who are poor or victimized are blamed while thought leaders are idolized.  Empirical reality cedes to superstition, and reason and discussion fall to violent or liberty-killing edicts.  For those who love liberty, this is terrifying.  The idea that this could gain a foothold in Quebec is completely unacceptable.  Before this enemy at our gates, I am afraid.

For 2014, therefore, I first propose to us all Frank Herbert’s litany against fear, rendered immortal in the sci-fi series Dune:

I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain.

The debate around the Parti Québécois’ proposed charter – a debate which has largely surpassed the initial intent of the charter – presents itself as a fight against this threat, this monster at our doors.  But on this, along with the words of Frank Herbert, I’d propose for us in 2014 the words of Friedrich Nietzche:

He who fights monsters should see to it that he himself does not become a monster.

The struggle against fundamentalism is a struggle of ideas – not of their symbols.  We should see to it that we don’t confuse the two and become what we fear in the other.  We should see to it not to infantilize women and impose our “correct” morality on the clothing they wear.  We should see to it that we not blame minorities and immigrants who have not conformed to our “correct” social norms.  We should see to it not to rely on the force of new ideologically-driven laws to replace open discussion and debate based in reason and mutual respect.  And above all, we should remember than as with any other religious stance, secularism itself can also be a harsh doctrine.  We should see to it that we do not become monsters ourselves.

I’ll repeat it once more – we are right to fear the hold of fundamentalist ideology, whether it’s Muslim like the middle-east, Christian like the American deep south, or secular like it could become here.

In 2014, let us remember that we are, first and foremost: free.  It was by demanding this liberty of choice and of action that modern Québec was built.  We do not have to impose our rights and our laws because they are the “correct” way of life here, we only need to have faith that the natural superiority of the freedoms we enjoy will bring us to the best way of life.  But for that, like Herbert put it, we must face our fears, let them pass us, and turn ourselves onto what remains: ourselves.

Happy and free 2014 to you and your families.

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Souhaits de 2014 par Frank Hebert et Friedrich Nietzche

Si Noël est le temps de fêter en famille, le jour de l’an a toujours un caractère d’introspection. C’est ainsi que je nous souhaite, au Québécois, un petit moment pour penser à qui nous sommes aujourd’hui, et qui nous voulons être dans les années qui s’en viennent.

Je nous le souhaite parce que, suite aux manœuvres de nos élus l’an passé, nous sommes maintenant à nous poser la question. Bien qu’officiellement, on s’en parle par l’entremise de termes généraux, imprécis, et politiquement corrects, ne passons pas par quatre chemins – le cru de la chose, c’est la peur de l’islamisme radical. Les craintes du poste-onze-septembre arrivent enfin à nos portes.

Et en effet, il y a de quoi avoir peur. Très peur. Là où le radicalisme intégriste gagne du terrain, les droits et même le simple respect humain reculent. Ils infantilisent les femmes et déclare que leurs corps et leur linge sont un objet de honte qui doit être la propriété morale d’un autre. Ils blâment les pauvres et les victimes en idolâtrant les meneurs de pensée. Ils refusent la réalité empirique en faveur de superstitions et on se referme au raisonnement et à la discussion en faveur d’édictes violents ou liberticides. Pour tous ceux qui aiment la liberté, c’est terrifiant. L’idée que ceci s’implante au Québec est totalement inacceptable. Devant cet adversaire à nos portes, j’ai peur.

Pour 2014, je nous propose d’abord la litanie contre la peur de Frank Herbert, immortalisée dans la série de science-fiction Dune :

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Le débat autour du projet de charte du Parti Québécois – débat qui d’ailleurs dépasse largement les bornes de ladite charte – se veut un combat contre cet adversaire, contre ce monstre à nos portes qui est l’intégrisme idéologique. Mais sur ça, en plus des mots de Frank Herbert, je nous propose, en 2014, aussi les mots de Friedrich Nietzsche :

Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même.

Le combat à l’intégrisme, c’est un combat d’idées, pas de leurs symboles. Il faut prendre garde de ne pas mélanger l’un pour l’autre et devenir ce que nous craignons de l’autre. Il faut prendre garde de ne pas infantiliser les femmes et leur imposer notre « bonne » morale dans le linge qu’elles portent. Il faut prendre garde de ne pas blâmer les minorités et immigrants de ne pas s’être conformés à nos « bonnes » mœurs sociales. Il faut prendre garde de ne pas se pencher sur la force d’une loi idéologique pour remplacer les discussions et débats sur fond de raison et de respect. Et surtout, il faut se rappeler que comme n’importe quel autre choix religieux, la laïcité elle-même peut être une idéologie démagogue. Il faut prendre garde de ne pas devenir, nous-mêmes, des monstres.

Je le dis et le répète – nous avons raison d’avoir peur de l’emprise de l’intégrisme idéologique, qu’il soit musulman comme dans le monde arabe, chrétien comme dans le sud des États-Unis, ou laïc comme il pourrait le devenir ici.

En 2014, souvenons-nous de ce que nous sommes, d’abord et avant tout : libres. C’est en réclamant la liberté de choix et d’action que le Québec moderne s’est bâti. Nous n’avons pas à imposer nos droits et nos lois parce qu’ils sont les « bonnes » façons de vivre ici, nous n’avons qu’a avoir confiance que la supériorité naturelle des libertés que nous avons et que nous nous donnons nous amènera aux bonnes façons de vivre. Mais pour ça, il faut, comme le dit Herbert, faire face à notre peur, la laisser nous passer, et se tourner sur ce qui reste : sur nous.

Joyeux et libre 2014 à vous et à vos familles.

Categories: News

About Author

Farnell Morisset

Farnell Morisset is passionate about discussing (among other things) the issues of modern social identity for many Québécois who, like him, feel deeply connected to the Québécois nation and culture yet do not identify with the traditional francophone non-practicing Catholic nationalist image. He has an engineering degree from Université Laval and is currently a law student at McGill University.

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