Gérard Deltell à propos de la CAQ et l’avenir du Québec

Gérard Deltell à propos de la CAQ et l’avenir du Québec

LiQ_Mag_Cover_July2014Cet article est tirée de l’édition de juillet 2014 de Life in Québec Magazine. Life in Québec est un magazine d’actualité commentée et de style de vie, publié 3 fois par année.
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Par Michael Bourguignon

Le Parti Québécois souverainiste dans l’opposition et un gouvernement Libéral majoritaire, c’est le temps de mettre de coté la souveraineté et d’aborder les questions vraiment importantes pour les électeurs – et un autre référendum n’en n’est pas une.

Ainsi dit Gérard Deltell, député qui s’exprime ouvertement et nouvellement réélu dans Chauveau et membre de « l’autre » parti d’opposition, la Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Ce que nous devons faire maintenant c’est s’occuper des vraies préoccupations des gens, et les gens ont voté contre un autre référendum. C’était la question clé, nous a dit M. Deltell lors d’une entrevue récente à son bureau de circonscription à Loretteville.

« Comme c’est souvent le cas dans la politique québécoise, les électeurs ont montré leur désintérêt pour le parti au pouvoir en cochant sur leurs bulletins de vote les noms des candidats qui avaient de meilleures chances de l’emporter », suggère M. Deltell. La CAQ a fini troisième à l’élection du 7 avril.

« Nous ne voulons pas un référendum, alors nous allons voter pour le parti qui est en avance dans les sondages, » il explique les intentions de vote, « pas parce que les gens n’étaient pas d’accord avec notre plateforme, mais parce qu’ils ont voté Libéral à la place. »

Jusqu’à la prochaine fois où les Québécois se rendront aux urnes, M. Deltell et la CAQ ont l’intention d’agir comme l’opposition non-officielle à l’Assemblée nationale, et agir comme chien de garde sur les questions d’économie, d’emploi, de transport, de garderies et toutes autres questions importantes.

« Notre priorité maintenant sera d’appliquer notre plateforme. Je crois que nous devons nous tenir sur nos principes et être fiers de nos projets. Nous voyons déjà le gouvernement reprendre beaucoup de nos propositions, comme le gel d’embauche. C’est exactement ce que nous avions proposé pendant la campagne, alors nous espérons que le gouvernement restera sur la même piste. »

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Selon M. Deltell, le gouvernement libéral n’est pas le seul à « adopter » des politiques de la CAQ. Le député était récemment très content de constater que le maire de Québec, Régis Labeaume, avait publiquement accepté que l’économie n’est pas en état d’accommoder des mégaprojets municipaux comme un anneau de glace quand les coffres de la province sont dans le trou de 260 milliard $.

« J’étais très content de voir le maire Labeaume reprendre presque mot pour mot ce que je disais il y a quelques semaines. Ce que nous avons dit pendant la campagne était qu’il s’agissait de bons projets intéressants, mais qu’il faut prioriser. C’est pourquoi nous avons dit que l’expansion de l’autoroute Henri IV est prioritaire parce que le transport est une préoccupation à Québec, » dit M. Deltell. « Nous vivons au-delà de nos moyens, et nous devons penser à ce que nous laissons aux générations futures. »

Avec le gouvernement péquiste chassé du pouvoir – du moins pour l’instant – est-ce que ceux qui s’opposent à un autre référendum devraient cesser de s’inquiéter pour l’avenir?

Le souverainisme n’est pas nécessairement mort, avise M. Deltell.

« Je ne suis pas souverainiste, et je ne le serai jamais, mais les idées ne meurent pas, » affirme-t-il. « J’ai rencontré des ainés qui se sont battus toutes leurs vies pour ce projet. Ils ne sont pas en deuil. »

Et qu’est-ce qu’il en est des politiques identitaires qui ont menés à des projets controversés comme la Charte des valeurs et, plus historiquement, les restrictions et règlements de la loi 101 sur l’utilisation des langues autres que le français dans plusieurs sphères de la vie publique?

« La meilleure contribution de la loi 101 était de rendre les Anglophones plus bilingues. Nous devons prendre avantage de ça et s’en inspirer. En d’autres mots, oui, nous sommes fiers de notre identité, mais nous ne devons pas avoir peur de parler anglais. C’est important de reconnaître que les racines anglophones au Québec sont profondes. »

Comment M. Deltell voit-il un avenir avec le prospect que la souveraineté pourrait rebondir dans un gouvernement majoritaire péquiste hypothétique?

« Si j’étais eux, je serais très fier de ma position et je l’assumerais, parce qu’on doit être clair en politique. Si un gouvernement péquiste est élu, bien nous devrions avoir un référendum, parce que ce sera au peuple de décider. »

Quand il parle du « peuple » il parle de nous tous, peu importe notre identité ethnique ou linguistique, et il fait confiance que « le peuple » sera capable de prendre des décisions informées à propos de notre avenir. Pour M. Deltell, cela veut dire un avenir dans un Québec fort à l’intérieur d’un Canada uni. Cela veut aussi dire être capable d’admettre qu’on aura toujours besoin d’un peu d’aide de nos amis fédéraux de temps en temps.

« Je crois que les gens du Québec peuvent être très fiers du Québec et du Canada, d’être Québécois et Canadiens en même temps. La fédération nous a rendus prospère, » dit-il, ajoutant « Dieu soit loué, nous avons les paiements de péréquation du gouvernement fédéral. Neuf milliards de dollars! Comment pouvons-nous imaginer l’avenir de cette province sans aide? »

« (Le chef de la CAQ) François Legault a quitté le camp péquiste précisément pour cette raison, parce qu’il ne voyait pas l’avenir de la souveraineté. »

Ses dernières pensées pour l’avenir impliquent que la Coalition Avenir Québec gagne de plus en plus de force – le parti a fait un gain modeste de quatre sièges pour un total de 22 contre les 30 de l’opposition péquiste et les 70 du gouvernement libéral.

« Notre but est de former le prochain gouvernement, c’est certain. Nous avons quatre ans et demi pour nous préparer pour l’élection, qui sera un choix entre un gouvernement libéral ou caquiste. »

Comment espère-t-il gagner les intentions et la volonté de la majorité des Québécois d’ici là? En appliquant la plateforme du parti, en gardant un œil sur le gouvernement libéral, et en laissant leur travail parler de lui-même.

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Michael Bourguignon

Michael Bourguignon is a language instructor, writer, editor, translator, narrator, and amateur stage actor. He is available for children's parties.

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