J’ai déménagé à Québec : Entrevue avec Dan Vargas

J’ai déménagé à Québec : Entrevue avec Dan Vargas

LiQ_Mag_Abonnez-vousPar Simon Jacobs

Date : Le mercredi 6 février 2013

Voici le deuxième des articles d’une série qui seront présentés sur l’expérience de gens qui ont déménagé à Québec et qui y ont tenté le coup.

Dan Vargas a déménagé à Québec il y a environ 3 ans avec sa femme, Rowena, et leurs 3 enfants. Il est né à Toronto, après que ses parents eurent immigré au Canada des Philippines. Tôt, sa famille a déménagé à Vancouver où il est allé à l’école et au collège. Il a d’abord étudié les sciences et l’ingénierie, mais à mi-parcours son programme, il a découvert les arts et a rencontré sa femme Rowena.

En 1999, il est allé à la Vancouver Film School pour étudier l’animation 3-D et les effets numériques. En terminant, il a immédiatement obtenu un emploi dans l’industrie du jeu vidéo. Bien qu’il ne fût pas un joueur passionné, il avait joué aux jeux et les connaissait. De plus, il aimait les films fantastiques et de science-fiction et tous les graphiques qui les accompagnent. « Mes cahiers scolaires se composaient de 50 % de notes et de 50 % de dessins et de gribouillis. J’ai toujours eu ça dans le sang ». Les compétences scientifiques de l’hémisphère gauche du cerveau sont essentielles dans le monde de l’animation 3D où une grande compréhension de la géométrie et des volumes est requise, ainsi qu’une approche des choses créative et artistique.

Même avant d’accepter le poste pour UBI Soft, Dan et Rowena avaient discuté de la possibilité de déménager en Europe avec leurs enfants : alors lorsque l’occasion de déménager à Québec s’est présentée, ils l’ont saisi. Étant donné que leurs 2 filles, maintenant âgées de 17 et 15 ans, avaient déjà étudié dans une école d’immersion française à Vancouver, elles étaient en mesure de s’intégrer avec les autres enfants du collège Jésus-Marie de Sillery. Elles ont rapidement appris le jargon et l’accent québécois, à un point tel qu’un enseignant ait relevé que leur anglais était très bon pour des francophones.

Dan et sa femme, d’un autre côté, n’ont pas trouvé la transition aussi facile puisqu’ils n’étaient pas capables de parler français avec aise. Dan ne socialisait simplement qu’avec les autres anglophones travaillant chez UBI Soft, soit à peu près 6 % des 300 employés. Il s’est fait offrir des cours de français par la compagnie, une nécessitée puisque toutes les réunions étaient tenues en français, bien que ses collègues fussent toujours prêts à l’aider s’il ne comprenait pas quelque chose.

Rowena est celle qui a eu le plus de difficulté comme elle n’avait pas d’emploi et prenait soin de leur bébé, Dante, ce qui la tenait à l’écart. « Le premier hiver, seule à la maison avec les enfants, ne connaissant personne et n’étant pas très à l’aise à parler la langue a été très difficile pour elle », dit Dan. Lors des moments les plus difficiles, l’envie de partir était très forte, les portants à se questionner à savoir s’ils avaient pris la bonne décision. De plus, être si loin du soutien moral de sa famille incitait Rowena à vouloir retourner à Vancouver la visiter. Heureusement, les difficiles hauts et les bas de la première année ont diminué et ils se sentent maintenant beaucoup plus stables ici.

LiQ_Mag_Mar2013_CoverLes choses les plus difficiles au début étaient les détails comme trouver un logement ou obtenir des services de santé, puisque la plupart de ses services étaient en français. Les premières visites à l’hôpital étaient difficiles parce qu’ils n’avaient absolument aucune idée de ce qui se passait. Acheter une maison, un évènement toujours stressant, l’était doublement puisqu’ils devaient lire des documents juridiques en français, ne comprenant que la moitié de ce qu’il était écrit avant de devoir chercher dans un dictionnaire. « On nous a aidés avec des choses comme nos permis de conduire ou pour trouver comment avoir certaines assurances ou chercher une maison, un appartement ». Ce n’est que plus tard qu’ils ont découvert qu’il y avait d’autres ressources, comme les services communautaires de langue anglaise Jeffery Hale et le VEQ.

L’aspect culturel était d’autant plus inhabituel. Étant habitués à Vancouver et ses différentes communautés culturelles, ils se sont retrouvés en tant que minorité visible dans une ville où les minorités sont peu nombreuses. La pauvreté de la diversité alimentaire est ce qui les attristait le plus.

Maintenant, 3 ans après avoir déménagé, leur cercle social commence à inclure plus d’amis francophones, principalement grâce aux gens avec qui ils partagent des points en communs, comme leurs voisins, ou avec qui ils participent à des évènements sportifs ou sociaux. Ils commencent à se sentir plus à la maison.

Le dernier conseil de Dan est le suivant : « Venez ici avec un esprit ouvert et faites tout ce que vous pouvez pour apprendre la langue et la culture. Venez ici comme si vous arriviez dans un nouveau pays et soyez prêt à apprendre et à vous épanouir ».

About Author

Simon Jacobs

Originally from the UK, Simon Jacobs has been living in Quebec City since 1989. He played viola with the Quebec Symphony Orchestra for 20 years before moving on to become the Executive Director of the Morrin Centre. Currently studying for an MBA at Laval University, he is also a certified Quebec City tour guide and a historian specialising in the Jewish history of Quebec City. He is the current president of the Québec Anglophone heritage network.

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