Le Aurian Haller Band – Des débuts à aujourd’hui

Le Aurian Haller Band – Des débuts à aujourd’hui

LiQ_Mag_Jun2013_CoverJ’ai rencontré le Aurian Haller Band dans le studio d’enregistrement du sous-sol de la maison de Paul Hinton, guitariste du groupe, à Sillery.

L’endroit était semblable à plusieurs studios maison ; petit, un plafond bas, légèrement bondé, avec des rideaux accrochés aux murs pour étouffer les sons. La console de son, les ordinateurs et les outils numériques étaient empilés sur une table près des cabines de sons rudimentaires de chaque côté. Barry Nameth, le batteur et percussionniste du groupe, était installé à côté du bassiste, Daniel Marcoux, sur une chaise longue jaune qui venait tout juste d’être utilisée comme pièce centrale de la dernière vidéo du groupe.

Le guitariste et technicien hors pair, Paul Hinton, assis à côté de sa console, s’occupait avec les volumes des micros et vérifiait la production d’une des pistes.

Aurian Haller, compositeur de qui vient le nom du groupe, était perché face aux autres  sur une chaise pliante près d’une pile de pieds de micro; ses longs cheveux foncés, contrastant avec la tête bien rasée de Paul, dégagés de devant ses yeux à l’aide de petit mouvement de tête.

AurianHallerBand_TjerkLes débuts du groupe

Paul et Aurian se sont rencontrés il y a environ 6 ans (aux alentours de 2007) après qu’Aurian ait déménagé à Québec. Paul, qui travaille comme enseignant de musique et d’implication communautaire pour une commission scolaire anglaise, a entendu Aurian pratiquer à l’école St-Vincent un jour et a réalisé qu’il n’était pas un musicien ordinaire. Ils se sont bientôt réunis au studio de Paul pour travailler sur quelques chansons qu’Aurian avait écrites.

Le premier album

Une fois qu’ils ont eu assez de matériel, Paul a invité ses deux amis Barry et Daniel, qu’il connaissait d’autres groupes, à se joindre à eux pour l’enregistrement de leur premier album Normal Town lancé en 2011. « Normal Town est un endroit à Athens en Géorgie et était un lieu étrange où se trouver, spécialement après l’attentat du World Trade Center » a dit Aurian. Il s’est beaucoup déplacé entre cet endroit, Montréal et Vancouver pendant de nombreuses années avant de finalement s’installer avec sa famille à Québec. « Une des chansons du premier album s’intitule “Blue Vertigo” et décrit la dualité lorsque l’on vit entre différents endroits… Les chansons dans l’album sont imprégnées de différents paysages retrouvés entre ces lieux ».

The Dark Room

En revanche, le dernier album du groupe, The Dark Room, reflète « nos paysages intérieurs ». La chanson titre est basé sur un poème de The Book of Hours écrit au début du 20e siècle par le poète bohémien, Rainer Maria Rilke, qui dit de la noirceur : « je t’aime plus que la flamme qui délimite le monde au cercle qui l’illumine et exclu le reste ». Comme Aurian le dit : « le reste c’est la noirceur qui exclue la lumière, c’est mystérieux, et ça représente l’expérience spirituelle ». Ce poème est devenu le cœur d’inspiration pour l’album. Une affiche incluse avec le CD contient toutes les paroles et aussi l’explication suivante : « Cet album a été écrit la nuit, dans des sous-sols et des caves pendant que nos familles dormaient ».

Aurian qui a travaillé comme conseiller artistique pour la commission scolaire anglaise est aussi un poète publié, il détient une maitrise en littérature, une autre en créations littéraires et un doctorat en géographie culturelle.

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Contrairement à l’album unilingue Normal Town, leur dernier album contient aussi quelques chansons écrites en français. Ceci a été fait pour représenter la nature du monde dans lequel le groupe vit et aussi pour des raisons stratégiques. Les chansons en français « L’amour et ses couteaux » et « Plus que parfait » ont plus de chance de passer à l’antenne et d’être exposées sur les émissions de radio locale francophone que les chansons écrites en anglais.

L’album reflète aussi la nature canadienne par excellence de ce groupe. Daniel, un musicien professionnel et compositeur à temps plein est né et a grandi à Québec et a été élevé dans le milieu français. D’un autre côté, Paul, dont les parents sont originaires de Terre-Neuve, a aussi été élevé à Québec, mais a étudié en anglais. Barry, un policier retraité vient originairement de Hamilton en Ontario, mais a été élevé à Trois-Rivières. Après que sa famille ait déménagé ici, il a passé la majeure partie de son enfance à parler anglais. C’est seulement lorsqu’il est devenu adolescent et a commencé à s’intéresser aux filles qu’il a réalisé la nécessité de parler français.

Ayant grandi dans l’ombre des Rocheuses de la Colombie-Britannique, Aurian est le seul membre du groupe qui vient de l’extérieur de la province. Néanmoins, il avait des connexions avec la ville puisque son père est né ici de parents terre-neuviens. Bien que son père soit anglophone, il lui parlait quand même en français, donc le déménagement d’Aurian à Québec n’a pas été un défi linguistique. Le groupe utilise autant le français que l’anglais pendant les répétitions, interchangeant sans problème les deux langues.

L’apport créatif

L’idée créative initiale pour une chanson vient d’Aurian. Normalement, il écrira une chanson avec des paroles, une mélodie et la structure des accords et donnera un enregistrement de lui la chantant et s’accompagnant au piano ou à la guitare. Comme Paul le dit : « les paroles créent un genre d’émotions, selon le sujet de la chanson. Ce qu’Aurian fait pour l’accompagner, avec la mélodie, amplifie un peu l’émotion. Ensuite, ce que l’on fait devrait pousser cette émotion encore plus loin. Si nous en enlevons, alors nous faisons mal quelque chose et nous allons dans la mauvaise direction ».

C’est grâce à la variété et à la maturité de l’expérience que chaque membre apporte au groupe qu’une pièce s’épanouit. À partir de ce point, leur musique devient un effort collaboratif auquel chaque membre ajoute sa propre contribution musicale et son style.

Les artistes invités

The Dark Room met en vedette la participation d’un invité, Bob Egan du groupe Blue Rodeo, qui jouait de la pedal steel sur 4 des 12 chansons. Egan ne jouait pas physiquement avec le groupe, mais on lui envoyait un enregistrement et ensuite il enregistrait ces propres pistes dans son studio à Kitchener en Ontario avant de les envoyer pour le mixage final.

Valérie Clio et Maude Brochu, deux talentueuses chanteuses de la scène locale, on fait les choristes pour quelques chansons. Daniel Marcoux a aussi écrit des arrangements musicaux pour quatuor à cordes pour quelques chansons.
Paul a mixé et produit les deux albums. The Dark Room a été enregistré sur une période de 8 mois et c’est au studio de Montreal Grey Market Mastering que les arrangements finaux ont été faits l’automne dernier.

Le son

Le pedal steel donne une note un peu country à cet album. Lorsqu’on leur a demandé de décrire leur son, Aurian a ri disant que c’était assez unique, mais que s’il devait le catégoriser, leur son serait dans le style indie folk/alt-country.
Où ensuite?

Contrairement à plusieurs autres groupes de la scène locale, le Aurian Haller Band ne reprend pas de chansons et préfère se frayer un chemin vers la scène des festivals, jouant plus de concerts alors que leur popularité prend de l’ampleur. Pour plus d’informations, visitez leur site web (http://theaurianhallerband.ca) où vous trouverez l’horaire de leurs prochains concerts et où vous pourrez télécharger leur musique et regarder leurs vidéos.

Categories: Français

About Author

Simon Jacobs

Originally from the UK, Simon Jacobs has been living in Quebec City since 1989. He played viola with the Quebec Symphony Orchestra for 20 years before moving on to become the Executive Director of the Morrin Centre. Currently studying for an MBA at Laval University, he is also a certified Quebec City tour guide and a historian specialising in the Jewish history of Quebec City. He is the current president of the Québec Anglophone heritage network.

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