Le Campus après le campus – Le Parc technologique du Québec métropolitain

Le Campus après le campus – Le Parc technologique du Québec métropolitain

LiQ_Mag_Mar_2015_coverCet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

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Par Farnell Morisset

Dans un environnement qui se situe quelque part entre un campus universitaire californien et une zone industrielle nordique, c’est facile de passer à travers le Parc technologique du Québec métropolitain et savoir que vous êtes dans un secteur de la ville pas tout à fait comme les autres. Entouré d’autoroutes et de voies ferrées, peu de gens s’y rendent sans y avoir affaires, sauf peut-être pour s’y faire un raccourci à l’heure de pointe. Avec ses boisés et son atmosphère paisible, le Parc techno cultive l’air d’un village mystique – méconnu, mais qui est une source d’innovation et de développement.

C’est l’apparence d’un campus universitaire qui attire particulièrement vers cette zone innovante de la ville, au moins pour ceux derrière sa conception. Le Parc techno n’a pas comme but le développement de l’industrie à grande échelle, mais vise plutôt être le centre de développement de nouvelles technologies, notamment celles sortant d’entreprises en démarrage fondées par de jeunes finissants de l’université.

Natalie Quirion est la directrice générale du Parc. Elle explique son origine dans ces grandes lignes, faisant référence à la réalité économique derrière la formation du Parc en 1988. « On a réalisé qu’on avait une université, l’Université Laval, avec plein de chercheurs et de finissants qui ne trouvaient pas toujours du travail à leur hauteur, dans le monde de la science ou ailleurs, et qui devaient déménager à Montréal ou d’autres villes pour trouver leurs emplois, » elle explique.

L’ancien recteur de l’Université Laval a fait le tour d’autres concepts de parcs similaires en Caroline du Nord, et a rapporté l’idée de créer un campus d’affaires axé sur la technologie. Le concept a reçu l’appui des gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux, qui se sont alliés pour fonder le Parc technologique dans une société d’état. Un terrain inutilisé est devenu son campus. Au cours des années, une série de start-ups sont devenus des compagnies valant plusieurs millions dans les secteurs au cœur de l’économie technologique de Québec, comme l’optique-photonique, les produits pharmaceutiques, la biotechnologie, la sécurité et les nouveaux matériaux. L’administration du Parc est aujourd’hui un organisme sans but lucratif, financé par la vente et la location de terrains sur les 15 millions de pieds carrés du territoire qu’elle occupe ainsi que par les services qu’elle offre aux entreprises qui s’y trouvent.

Promouvoir l’implication du grand nombre de professionnels relativement jeunes et instruits est un défi particulier pour le Parc techno. Il y répond en tentant de recréer la culture du campus universitaire, là où ces jeunes professionnels étaient confortables et là où leurs entreprises sont nées. La création d’espaces collaboratifs qui réuniront activités et services avance, et le Parc organise de plus en plus d’événements sportifs et sociaux ou les scientifiques, ingénieurs, chercheurs et techniciens peuvent relaxer pendant leurs midis et en formule 5 à 7. Mme Quirion met aussi l’emphase sur l’importance du réseautage stratégique, puisque les gens si hautement spécialisés ont souvent l’opportunité de collaborer sur des projets et apprendre des trucs d’affaires les uns des autres.

Mais ce n’est pas seulement les compagnies du Parc qui tirent profit de son existence. Une composante importante de la mission du Parc, depuis son tout début, est aussi d’offrir des gains importants à la ville entière. La création d’une culture d’innovation a aidé à établir Québec comme un joueur international dans le monde de la technologie, et a créé plusieurs emplois bien rémunérés qui donnent à la ville un revenu d’impôts important dans un secteur qui réagit avec une plus grande flexibilité aux compressions économiques mondiales.LiQ_Mag_Sub_Banner

Le processus semble fonctionner. Au début des années 2000, il y avait quelque 2200 personnes travaillant dans les différentes compagnies du Parc techno. Aujourd’hui, il y en a plus de 5200, travaillant pour environ 100 compagnies différentes. « Ce n’est pas le nombre de compagnies qui a doublé, » note Mme Quirion, « ce sont les compagnies existantes qui ont pris de l’expansion. »

« Ceux qui commencent dans le Parc grandissent dans le Parc, » affirme Mme Quirion. Elle donne des douzaines d’exemples de compagnies qui ont commencé dans le Parc avec seulement deux ou trois employés, qui aujourd’hui exportent autour de la planète et engagent des douzaines, sinon des centaines, de professionnels hautement qualifiés dans des domaines de technologie. La demande est si élevée qu’un enjeu important est la difficulté d’attirer plus de professionnels qualifiés, particulièrement des programmeurs, vers des initiatives de recherche et développement.

Continuant la tendance à imiter la vie de campus, environ 10 pour cent des gens travaillant dans le Parc techno sont des immigrants, ce qui est à peu près le même ratio que l’Université Laval et nettement supérieur au reste de la région. Pour ces immigrants, le Parc devient aussi un outil important à l’intégration sociale. Les événements sociaux et sportifs sont souvent une façon pour les nouveaux arrivés de se créer leur réseau de support et de se faire des amis.

Le Parc fait face à des défis. Le secteur de la technologie, particulièrement ce qui touche la programmation, tend vers l’urbanisation, tandis que le campus du Parc techno est peu desservi par le transport public. « On ne peut pas mettre le Parc sur des roulettes et l’amener au centre-ville, » dit Mme Quirion à la blague. « Je le vois positivement. Nous devons créer un style de vie où les gens peuvent se rencontrer, échanger et innover. Notre territoire nous le permet – nous avons travaillé avec des étudiants en urbanisme. Nous avons développé une vision de l’aménagement du territoire et un plan de développement des espaces vacants avec des étudiants et des professionnels.»

Le Parc technologique du Québec métropolitain est un tel succès que la Ville cherche à étendre le concept à d’autres secteurs. Visiblement, il ne manque pas de foi dans le concept, et nous ne pouvons qu’espérer qu’il aura un avenir tout aussi prometteur.

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Cet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

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