Le Musée de la civilisation sort du feu

Le Musée de la civilisation sort du feu

LiQ_Mag_Mar_2015_coverCet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

Abonnez-vous!

This article is also available in English

Par Jason Enlow

Le Musée de la civilisation est une icône du secteur du Vieux Port depuis son ouverture il y a plus de 25 ans. Il abrite plusieurs milliers d’artefacts et de trésors de la province. Mais, le 14 septembre 2014, ce musée est presque passé au feu.

« Il était environ 12h45, » se souvient Kati Tari, la directrice des collections du musée. « J’étais dans une réunion à mon bureau à 10 minutes de là quand j’ai eu un appel du musée me disant qu’il y avait un feu – j’ai tout laissé tomber. En approchant du musée, je pouvais voir une ligne de fumée.

Même si le musée était fermé, il y avait plus de 200 employés qui ont dû être évacués. Quand Tari est arrivé, ils étaient tous dehors à regarder les flammes. « Je ne le croyais pas, » dit-elle.

Le musée était dans les dernières phases de rénovations commencées en 2013. Le mortier autour des pierres des murs extérieurs, endommagés par le vent et l’humidité de la rivière, avait été remplacé pour aider à stabiliser la célèbre façade. Il y avait des travaux aux fenêtres, à la tour de verre et au toit pour éviter des infiltrations d’eau. « Le moteur a explosé sur l’ascenseur des échafaudages, » explique Tari. « C’est comme ça que le feu a commencé. Le mur intérieur était exposé et l’isolant a pris feu. Les flammes se sont vite propagées. »

Cinquante pompiers ont eu besoin de plusieurs heures pour maîtriser le feu, qui a fait sonner quatre alarmes. Il était 16h00 avant que Tari et quelques autres cadres supérieurs puissent y entrer. Ils ont dû porter des bottes pour marcher dans les 10cm d’eau qui couvraient le plancher. « Nous sommes entrés pour voir le désastre, » dit Tari. « Quand on a vu l’eau, on était inquiets que les artefacts soient endommagés. » Après inspection, cela aurait pu être bien pire, si ce n’était de l’intervention rapide de quelques employés alertes et de pompiers diligents. « Nous étions pas mal surpris de voir que la plupart des objets étaient bien protégés, » dit Tari. « Certains employés étaient allés au sous-sol chercher du plastique pour commencer à recouvrir les objets avant de recevoir l’ordre d’évacuation. Les pompiers ont ensuite pris le relais, et même s’ils devaient éteindre le feu, ils ont pris le temps de couvrir le reste. Quand ils ont commencé à arroser le feu, l’eau s’est simplement écoulée sur les couvertures en plastique. »

LiQ_Mag_Sub_BannerAvant que Tari entre dans le musée pour évaluer les dommages, elle a fait un appel au Centre de conservation du Québec (CCQ). Les employés du CCQ avaient regardé les nouvelles et assemblé leur équipe d’urgence. La deuxième fois que Tari est entré dans le musée après le feu, elle était accompagnée de ses conservateurs et de trois conservateurs-restaurateurs du CCQ. La fin de la journée approchant et sans électricité, il y avait très peu de temps à perdre. « Nous avons travaillé aussi rapidement que possible à sortir tous les objets et les protéger de l’humidité élevée, » dit Tari. Ils ont commencé avec C’est notre histoire dans l’aile nord; c’était une nouvelle exposition permanente d’art et d’artéfacts inuits et de premières nations. C’était l’exposition la plus touchée.

« Tous les conservateurs et techniciens muséologues ont tout transféré à notre entrepôt haute-sécurité au sous-sol, » explique Tari. Une paire de mocassins était mouillée. Suivant les conseils du CCQ, Tari les a placées dans un sac en plastique dans le congélateur pour prévenir le saignement de la teinture et aider le processus de séchage. Deux autres salles d’exposition ont aussi été affectées celles-ci ont été vidées et nettoyés les jours suivants. L’aile nord au complet a dû être fermée et de l’équipement de ventilation a maintenu le bon niveau d’humidité. Après tout ça, les objets ont été vérifiés et catalogués, une procédure qui a pris des semaines. « C’est le genre d’expérience qui vous rappelle de toujours être vigilant, » dit Tari. « Un drame comme ça peut arriver en tout temps et c’est toujours soudain. »

Après le feu, le musée a reçu plusieurs courriels et appels téléphoniques de gens inquiets pour le sort des objets. « Nous avons senti l’appui des citoyens, » dit Tari. « C’était une confirmation que le musée est important pour eux. » L’aile sud du musée fut rouverte le 20 septembre. « Nous avions hâte de montrer que le musée était encore ouvert, » dit Tari. « C’était une invitation au public de nous visiter et ils ont répondu à l’appel. C’était gratifiant de voir tout le monde. »

La copie originale du Traité de Paris de 1763 fut exposée au musée deux semaines plus tard. « Paris était un peu inquiet, mais ils ont vu que la situation avait rapidement été prise sous contrôle, » dit Tari. L’événement a été si populaire que les Archives historiques de Paris, qui avaient prêté le traité au musée, a accepté d’y montrer le traiter 10 jours supplémentaires. « C’était exceptionnel, » dit Tari.

« Le musée est comme un organisme vivant, » dit Tari, « mais sans le public et les expositions, il n’existerait pas. » La première exposition à rouvrir sera Tirées par les chevaux!, des calèches de la collection de Paul Bienvenu. Elle sera suivie par Corps Rebelles, une exposition de danse contemporaine. Comme elle est la plus grande et plus complexe, l’exposition C’est notre histoire sera la dernière à rouvrir.

………………………………………………………………………………….

Cet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

Abonnez-vous!

About Author

Jason Enlow

Jason Enlow is a Special Education Technician at an English elementary school. He was born in Montreal, Quebec and grew up in Burlington, Ontario. Jason studied Radio and Television at Ryerson University in Toronto. His previous employers include CityTV, CBC, The Weather Network, and Global Television. He’s worked as a DJ, camera operator, musician, teacher, translator and video game content designer. Jason moved to Quebec City in 1997 where he still lives today with his wife and three sons.

Write a Comment

Only registered users can comment.