Le sort de l’ours polaire n’est pas noir et blanc

Le sort de l’ours polaire n’est pas noir et blanc

mag_dec2016_coverCet article est d’abord paru dans l’édition de décembre 2016 de Life in Québec Magazine.

Abonnez-vous ici.

Par Nathalie Peron

L’ours polaire : emblème du Grand Nord et symbole des effets néfastes des changements climatiques. Bien que les ours blancs soient plus souvent associés dans l’imagination populaire avec le nord du Manitoba, qui voit plus de 10 000 “touristes des ours polaires” arriver chaque année, et les Territoires du Nord-Ouest, où les animaux sont un symbole territorial immortalisé sur les plaques d’immatriculation, le Québec a sa propre population de ces prédateurs de l’Arctique. Comment ces ours s’en tirent-ils, sous les circonstances?

Guillaume Szor, biologiste responsable pour le Nord-du-Québec avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, a récemment recensé les populations des ours polaires dans la région dans le but de répondre à cette question.

Il y a trois sous-populations d’ours polaires au Québec, soit les ours du sud de la Baie d’Hudson, les ours du bassin de Foxe, et les ours du détroit de Davis. Ces sous-populations font l’objet d’un inventaire régulier, environ tous les 10 ans, depuis les années 1960. Plus récemment, l’attention de la communauté scientifique s’est tournée vers les ours du sud de la baie d’Hudson, qui occupent le territoire allant de la côte de la Baie James, tout au long de la côte de la Baie d’Hudson, presque jusqu’à la pointe nord de la province au Nunavik. Un recensement a eu lieu en 2012 et un autre en septembre de cette année. Selon Szor, l’intérêt pour l’observation des ours polaires provient de changements climatiques détectés et d’une vague d’ours abattus en 2011.

Le rapport du recensement de 2012, préparé conjointement par des chercheurs du Québec, de l’Ontario et des États-Unis, affirme que même si la sous-population de la Baie d’Hudson de l’ouest (à l’ouest des ours du sud de la Baie d’Hudson) montrait une diminution d’abondance de 22 pour cent entre le milieu des années 80 et le milieu des années 2000 sans augmentation notable depuis, ce n’est pas le cas pour la sous-population du sud de la Baie d’Hudson. En effet, ces ours ont un dénouement plus heureux, avec une augmentation en abondance entre les années 60 et les années 80 et une stabilité relative depuis. Même si on note une détérioration relative en condition physique à travers la sous-population, pour toutes les classes de sexe et d’âge, il n’y a aucun changement à leur nombre.

Les préoccupations à propos des nombres dans la population du sud de la Baie d’Hudson viennent aussi des pratiques de chasse au Canada, le seul pays où la chasse sportive aux ours polaires est permise, ce qui attire de l’intérêt international pour les pratiques et règlementations canadiennes de la gestion de la traite d’animaux sauvages.

Québec est la seule province sans quotas obligatoires pour la chasse d’ours polaires. Considérant que les communautés inuites de l’Ontario et du Nunavut chassent aussi de la même sous-population (avec des quotas), et après la vague d’ours abattus en 2011, un quota volontaire a été établi au Québec. Le  Québec a initié des actions concrètes afin d’améliorer sa gestion des populations d’ours, dont son implication dans les recensements.

« Afin de continuer avec le commerce international, nous devons prouver que l’espèce est bien gérée et que le commerce ne met pas l’espèce en danger, » explique Szor. « À date, c’est toujours bien prouvé que le système de gestion en place au Canada ne met pas l’espèce en danger parce qu’il est bien géré; les populations sont régulièrement recensées. Mais le fait que le Québec n’a pas de quotas de chasse fait en sorte que la communauté internationale mette de la pression pour que le Québec emboîte le pas afin de continuer le commerce international. »

On s’attend à ce que les quotas volontaires mènent à une entente déclarative formelle, mais il semble que le système actuel soit suffisant, vu que les taux de chasse semblent être de retour aux niveaux normaux, peut-être aux niveaux plus bas que le normal, explique Szor.

Les résultats officiels du recensement de septembre dernier ne sont pas encore disponibles. Selon Szor, cependant, les résultats préliminaires montrent que « au Québec il n’y a rien d’alarmant. Ça semble similaire à ce qu’on voyait il y a quatre ans. »

Pour Szor, le changement climatique est « un sujet qui est tellement débattu, tellement large. En général, en parlant avec plusieurs Inuits, il y a plusieurs choses qu’ils voient. Le bris de glace et la fonte de glace semblent avoir changé. Les pistes traditionnelles qu’ils prenaient des fois ne sont plus aussi solides; elles fondent plus rapidement. Les précipitations aussi ne sont plus pareilles. Au niveau des populations d’ours blancs, ce n’est pas encore très clair. Il y a quelques populations d’ours, surtout celles des plus au sud et à l’ouest, où la recherche semble montrer que ces populations commencent à avoir un peu de difficulté  …au niveau de  leur santé, on voit des femelles moins engraissées. [Mais] la grande majorité des populations d’ours blancs semblent aller bien. »

Selon Environnement et Changement climatique Canada, des 13 sous-populations d’ours polaires au Canada, six, dont les trois populations québécoises, sont répertoriées « probablement stable / stable », deux sont répertoriées « augmentation probable », et deux sont répertoriées « déclin probable ».

Il y a des projets de suivi des populations d’ours polaires canadiens à venir, dont un recensement de la sous-population du détroit de Davis en 2017.

“Confiant…” sounds too press release-y.

Categories: Français

About Author

Nathalie Peron

Naturalized Quebec City citizen, Nathalie has studied in literature and as a paralegal, the latter stemming a career she has strived in for the past 10 years, notably in workers’ compensation cases. Artistically inclined, she has acted in amateur theatre for 25 years and has lately added singing to her amateur CV. She now stretches her professional wings to writing, both corporate and creative texts, hoping to meld both her artistic and legal personalities.

Write a Comment

Only registered users can comment.