Les attitudes en évolution: l’encre dans la peau au travail

Les attitudes en évolution: l’encre dans la peau au travail

LiQ_Mag_Mar_2015_coverCet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

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Par Sheila Quinn

Tranches de vie d’un matin canadien frigide : Jim embrasse sa blonde Gen et part à pied au travail. Il travaille en technologie de l’information (TI) à l’Université McGill, à Montréal. Gen part pour le boulot aussi, où elle crée des images pour du matériel d’enseignement à distance. Pas loin de Brome Lake, Jeanne s’assure que ses enfants prennent l’autobus. À Halifax, Elinor entre dans l’autobus de ville vers la bibliothèque publique Keshen Goodman. Courtney se prépare pour une journée à s’occuper de personnes âgées dans une résidence pour ainés. À Kincardine, en Ontario, Paula commence sa journée tôt. Elle travaille à son compte dans sa petite entreprise de produits de soins naturels écolos minimalistes, maintenant dans sa quinzième année d’opération.

Cette collection de Canadiens et reliée par un point en commun. Ils ont tous de l’encre sous la peau.

De contre-culture à trait commun

JEANNE : « J’ai 18 tatouages, et mes enfants ne les remarquent pas vraiment. Je ne suis pas certain s’ils ont même remarqué que j’en ai et la plupart des autres mamans n’en ont pas. » Pour son milieu de travail : « J’aime que je ne pouvais pas avoir un emploi sauf dans un salon de tatouage ou un bar quand j’ai commencé il y a 17 ans. Ou même louer un appartement, tant qu’à y être. Maintenant je peux travailler presque n’importe où. Quand je vois un employé au Tim Hortons avec un tatouage sur le cou, je n’en reviens toujours pas. »

Jeff Pauw, ancien enseignant et directeur des ressources humaines pour la commission scolaire Eastern Townships (CSET), partage ses pensées à propos des tatouages dans les salles de classe. « Quand j’ai commencé à enseigner [dans les années 80], la norme était qu’on s’habille proprement pour travailler : chemise et cravate, pantalons propres, et les femmes étaient bien habillées aussi. Il y avait cette attente qu’on se présente d’une certaine façon. Aujourd’hui ce n’est pas rare de voir des enseignants en classe avec une paire de [jeans] Levis. »

À propos des règles : « Il n’y a pas de politique [a l’CSET] qui proscrit les tatouages – la liberté d’expression existe encore. Nous ne pouvons pas dire qu’on n’engage pas quelqu’un à cause de ses tatouages, mais nous pouvons demander à nos employés de se présenter de façon appropriée. » Pauw rit, disant que le contenu des tatouages a aussi évolué; la plupart des tatouages ne sont pas aussi menaçants qu’ils l’ont déjà été. « Nous n’avons aucun problème visible avec, » dit Pauw. « Les tatouages sont beaucoup plus acceptés dans notre société. Dans la plupart des cas nos employés sont très conscients qu’ils sont des professionnels dans un environnement de travail. »

La position de Pauw reflète celle prise par de plus en plus d’employeurs. Aujourd’hui, plusieurs employés ont modifié leur approche aux tatouages au travail après avoir reconnu qu’une politique stricte anti-tatouage pourrait leur coûter de bons employés. La popularité du tatouage, du perçage et des coupes de cheveux non conventionnels a forcé plusieurs employeurs à adapter leurs codes vestimentaires. Les compagnes qui préconisent la familiarité d’une franchise et l’image d’un produit ont plus souvent des politiques plus contraignantes – dans certains cas pour des raisons de sécurité et d’hygiène, mais surtout pour maintenir l’image de la compagnie. Si les employeurs gèrent mal les conflits reliés aux tatouages de leurs employés, les employés peuvent poursuivre leurs employeurs pour discrimination.

LiQ_Mag_Sub_BannerJim Johnson, 48 ans, travaille en TI à l’Université McGill

JIM : « Je ne sais même pas si McGill a une politique sur les tatouages… bien, je n’en ai jamais vu et ça fait 10 ans que je suis ici. Le département où je travaille a plein de contacts avec le public et ça n’a jamais été un problème. Les tatouages sur mes bras sont toujours visibles. »

Elinor Crosby, 42 ans, est une de deux bibliothécaires aux services pour adultes à la bibliothèque publique Keshen Goodman, qui fait partie du réseau public de Halifax, et elle est responsable des systèmes d’information et de technologies émergentes.

ELINOR : « Le seul emploi où j’ai dû drastiquement changer mon apparence était sans équivoque le pire emploi que j’ai jamais eu. J’étais au début de la vingtaine et j’ai appris beaucoup de mon expérience. C’était avant que j’aie tant de tatouages et perçages ouverts, mais cette employeur m’avait forcé de me teindre mes cheveux blonds et cacher mon septum percé. J’ai par la suite été renvoyée parce que le propriétaire ne m’aimait pas et apparemment j’avais enfreint un règlement dont je ne connaissais même pas l’existence. C’était un emploi horrible. J’ai hais ça. »

« Dès ce moment, je suis allé à mes entrevues d’embauche habillée professionnellement, mais en laissant mon côté freak ressortir. J’ai dit aux employeurs potentiels qu’en tant qu’adulte, j’étais plus confortable avec mon apparence comme ça, mais que s’il y avait un code vestimentaire pour les positions en contact avec la clientèle, j’allais m’y conformer. Une place qui ne voulait pas m’engager pour mon apparence n’était pas une place où je voulais travailler. »

« Maintenant, comme bibliothécaire dans le système où je travaille, je peux avoir l’allure que je veux tant que je suis professionnelle et approchable. Mes tatouages ne sont pas un problème, ni mes perçages ou cheveux colorés. Je ne suis jamais inquiète de ce que ma gérante va dire que je me présente avec des cheveux roses parce qu’elle m’a engagée avec des cheveux bleus. »

Changement générationnel?

Selon un rapport émis en 2010 par le centre de recherche Pew, basé à Washington, 38 pour cent des millénaux (18 à 29 ans) déclaraient avoir un moins un tatouage, tandis que 32 pour cent de la génération X et seulement 15 pour cent des baby-boomers donnaient la même réponse. Les plus vieilles générations sont typiquement vues comme étant plus fermées à ces modes, mais la recherche révèle une réalité différente.

Courtney, 22 ans, travaille dans une résidence pour personnes âgées.

COURTNEY : « J’ai deux tourtereaux sur mon avant-bras droit. » Un des quatre tatouages de Courtney, les tourtereaux sont basés sur une gravure de la pierre tombale de ses grands-parents. « Les résidents avec qui je travaille adorent mon tatouage. »

Paula, 47 ans, travaille à son compte et a eu son premier tatouage à 39 ans.

« J’ai beaucoup de tatouages. Mes fils approuvaient et trouvaient que mes tatouages étaient cools. Mon fils ainé a eu son premier tatouage à 16 ans dans notre salon. » Le beau-frère de Paula, Jean-René Allard, est un artiste tatoueur à Tattoo Précision à Boisbriand, Québec. « Les jours où les tatouages étaient seulement pour les marins et les prisonniers sont révolus. Les tatouages sont de l’art, je suis un artiste. Je vais toujours ADORER mes tatouages. C’est fait pour l’amour des choses qui me font sourire tous les jours. Si quelqu’un les aime et m’en parle, super. Sinon, c’est correct aussi. »

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Cet article est d’abord paru dans l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.  Voulez-vous recevoir votre copie?

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About Author

Sheila Quinn

Sheila Quinn (known as media mum Sheila Q.) is a radio show host, columnist, music-infused, mother of two/stepmother of two, half of DHTV’s Les Curieux media team, den mother, who works for Champlain Regional College in Lennoxville. Sheila Q.’s bucket list tends to be self-sustaining. She has lots of plans.

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