Les vins québécois : de mieux en mieux

Les vins québécois : de mieux en mieux

Par Peter Black

En septembre 1535, Jacques Cartier baptisa l’île à l’est de Québec « Île de Bacchus », en raison de son abondance de raisins sauvages, mais il n’en fit jamais de vin. Pensant qu’il serait plus sage de faire plaisir à son commanditaire, il renomma plus tard l’île en l’honneur d’un des fils du roi, la redésignant « Île d’Orléans ».

Quelque 480 ans plus tard, la fantaisie bachique de Cartier s’est réalisée, jusqu’à un certain point, avec la production de vins tolérablement gouleyants. Un est même nommé après l’explorateur Français.

LiQ_Mag_Abonnez-vousLes vignobles qui ont poussé sur l’Île d’Orléans font partie de l’impressionnante montée de production de vins dans le sud du Québec, là où Voltaire n’avait décrit que « quelques arpents de neige ». En effet, le Québec a vécu la plus grande croissance de producteurs de vin de toutes les provinces, même plus que la Colombie-Britannique riche en récoltes et la chaleur du sud de l’Ontario.

Ce fait est noté dans un nouveau livre, fraichement distillé par le guru du cépage du Toronto Star, Tony Aspler.  Le livre se nomme Canadian Wineries, et Aspler y note que le Québec est une génération derrière l’Ontario et la Colombie-Britannique et terme de sélection et variété qui mettent en valeur son terroir.  Quand même, les vins produits au Québec, même si « maigres » et « âpres » en comparaison, fonctionnement bien si on y choisi avec attention les plats accompagnant.

Bien sur, la production de vin est dans le sang français qui a colonisé et peuplé la terre.  Hélas, malgré la patience et la persistance des viticulteurs au long des centenaires, la terre a refusé de donner fruit aux efforts de faire pousser des cépages décents qui survivent les hivers brutaux de la Nouvelle-France.

Mais maintenant, grâce en partie aux changements climatiques et à la détermination renouée des agriculteurs faisant usage des derniers développements en sciences agronomiques, le Québec se vante maintenant d’avoir 87 producteurs de vin, cultivant quelque 800 hectares – ce qui reste une goutte dans le baril comparé aux 6500 hectares de l’Ontario.

Relativement peu de vignobles produisent d’assez grandes quantités pour être un facteur au marché de l’exportation, et peu de vins de qualité se retrouvent sur les tablettes des SAQ.  Cet été nous avons décidé d’offrir à notre famille ontarienne, connaisseurs de vins, quelques bouteilles produites localement, et nous avons été informés par un conseiller surpris (et un peu snob) de la SAQ que les rouges du Québec ne sont pas à être offerts à qui que ce soit qu’on aime.

Ainsi, les vins québécois, même s’ils gagnent en qualité par le savoir-faire des agriculteurs, souffrent toujours d’une réputation de piquette.  La troupe Monty Python pourrait reprendre sa critique humoristique du vin australien « Château Chunder », disant qu’il s’agit « d’un bon vin qui ouvre vraiment les écluses aux deux bouts ».  Sachez-le, plus personne ne se moque des vins du Down Under aujourd’hui.

Le vin québécois peut avoir la même connotation que le sirop d’érable de la Floride, mais, comme L’Actualité annonçait fièrement, la province est bien en route pour produire des vins de qualité mondiale.  En effet, certains ont gagné des prix à l’international ces dernières années.

Selon Tony Aspler, cependant, le secret au vrai succès de l’histoire de l’industrie des vins au Québec est que les Québécois fassent l’effort d’en boire.  Sans oublier, bien sûr, la question des prix de la SAQ pour les vins locaux… mais c’est une discussion pour une autre fois, préférablement avec quelques verres du cépage québécois dans le nez.

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Peter Black

For years Peter Black was the producer of Breakaway, on CBC Radio One in Quebec City. Before arriving in Quebec City in the 1990s, he lived and worked in Ottawa and Montreal. Peter is married and has two sons.

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