L’immigration à Québec – Une approche unique

L’immigration à Québec – Une approche unique

Par Richard Walling

Richard Walling, Executive Director of the Jeffery Hale Community Partners

Richard Walling, Executive Director of the Jeffery Hale Community Partners

Une approche unique à la recherche par l’équipe de recherche partenaire pour une meilleure compréhension de la diversité culturelle et de l’immigration à Québec.

Il existe, dans la grande région de la ville de Québec, un groupe dont les intérêts résident dans l’étude et la compréhension des diverses réalités culturelles et linguistiques de Québec, plus précisément dans l’expérience des migrants et des immigrants venant dans la région. Historiquement, la population de la grande région de la ville de Québec consistait en trois principaux groupes fondateurs : les membres des Premières nations, les gens d’origine française et ceux des îles britanniques (d’origines britannique, irlandaise et écossaise). La région connait actuellement une augmentation de la migration et de l’immigration, un afflux de gens provenant de partout autour du monde. Évidemment, ces individus arrivent avec différentes traditions, langues et religions. Comment s’adaptent-ils et trouvent leur place à Québec ? Quel impact cela a-t-il sur la région et quelle en est la signification pour les communautés historiques de longue date ?

L’équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, ou l’ÉDIQ, est un groupe unique qui réunit les individus travaillant dans le secteur de l’éducation post-secondaire, le secteur de la gouvernance publique et les organisations publiques et celles orientées vers la communauté qui fournissent des services de première ligne. Les membres de l’ÉDIQ travaillent à mieux comprendre les interactions des individus et des groupes de la région de Québec en relation à son contexte historique et aux dynamiques locales. Les coprésidents de l’ÉDIQ sont Lucille Guilbert, une professeure dans le département d’histoire à l’université Laval et Richard Walling, le directeur général des Partenaires communautaires Jeffery Hale.

Le but de l’ÉDIQ est de renforcer le réseau de chercheurs et praticiens afin de faciliter le partage des meilleures pratiques en se basant sur l’expérience et les résultats tout en encourageant la collaboration pour les projets collectifs où la recherche sert à mieux guider les actions et les stratégies organisationnelles locales. Ainsi, le travail effectué par l’ÉDIQ et ses membres est de nature très dynamique et reflète les changements sociologiques actuels dans la grande région de la ville de Québec.

Le 8,9 et 10 mai 2013, l’ÉDIQ a tenu un symposium à l’université Laval dans le cadre de la 81e conférence de l’ACFAS (l’Association francophone pour le savoir) au cours duquel des questions clés se rapportant aux multiples transitions auxquelles doivent faire face les migrants ou les immigrants de la grande région de Québec ont été discutées. Un exemple éloquent des transitions rencontrées fut une présentation vidéo présentant une jeune femme qui est arrivée à Québec pour étudier et qui est aussi devenue mère. La présentation intitulée « Monologue à voix multiples : Migrer, Étudier, Travailler, Devenir maman » (L. Guilbert, C. Prévost, M.L. Thiaw, F. Fernandes, A. Trépanier, A. Sassi, S. Blouin, J. Tessier, R. Walling, J-M. Tanguay) est un bon exemple de la recherche participation active de l’ÉDIQ. Lucille Guilbert de l’université Laval, la chercheuse principale de l’étude, a recueilli la participation de nombreuses personnes prêtes à partagées leurs expériences de déménagement au Québec, parmi eux, certain des membres chercheurs et co-auteurs listés plus haut. Le concept étant que ceux au cœur de l’approche font partie de l’équipe de recherche, ayant tous vécu les transitions et les défis comme ceux d’apprendre une nouvelle langue, étudier, travailler et devenir mère pour la première fois.

Lucille Guilbert a utilisé une méthode qu’elle a elle-même développée et qui est mise en pratique depuis plusieurs années appelées « L’Atelier Interculturel de l’Imaginaire ». Utilisant cette méthode, sur plusieurs mois les participants s’engagent dans un processus de partage face à face de comptes personnels de plusieurs transitions qu’ils ont eues à faire face à leur arrivée à Québec et celles auxquelles ils continuent de faire face. Encore une fois, ils incluent la transition de déménager depuis un autre pays, pour certains, apprendre une nouvelle langue, étudier à l’université et à un autre niveau, travailler et devenir mère. Deux autres participants majeurs dans l’étude étaient la chercheuse principale (agente communautaire) et l’organisme communautaire « Les Accompagnantes », qui apporte du soutien aux femmes enceintes. Au cours de l’étude, les participants partageant leurs expériences entre eux ont commencé à tisser des liens serrés ce qui les a aidés dans leurs propres transitions à l’intérieur d’un environnement de groupe de soutien sûr. La chercheuse principale elle-même a développé une compréhension plus poussée  ̶  à un niveau très personnel  ̶  des expériences des participants ce qui va continuer de motiver la poursuite de sa recherche. Pour l’agente communautaire des Accompagnantes, faire partie du processus lui a fourni à elle et son organisme de l’information très précieuse qui affectera dorénavant la manière de donner leurs services. Personne n’est sorti du processus sans constater de changement personnel et de nouvelle perspective. En partageant leur propre histoire, leurs transitions personnelles ont continué de changer et d’évoluer étant supporté et compris par des paires qui pouvaient maintenant en tant que groupe aussi évaluer comme un ensemble les transitions vécues par les migrants et les immigrants apprenant une nouvelle langue, étudiant à l’université, travaillant et devenant mère.

Pour ceux ne faisant pas partie du processus, mais qui ont assisté à la présentation vidéo, une importante leçon a été mise en lumière; à savoir comment s’occuper des individus vivant de multiples transitions et comment les aider. Le message aux intervenants et aux organisations était qu’il est impératif de prendre le temps d’apprendre à connaitre ceux qu’ils servent et ceux qu’ils espèrent servir. Seulement en apprenant à les connaitre et comprendre ce qu’ils vivent (comprendre les transitions auxquelles ils ont affaire) peuvent-ils vraiment leur offrir des services de support efficaces. Bien que cela puisse sembler rudimentaire et évident, ça ne l’est pas. Afin de vraiment ouvrir la porte au niveau personnel, de fournir des services de qualités adaptés, les intervenants et les organismes doivent être prêt à changer, ce qui peut être perturbant. C’est là qu’est le problème aussi bien que la possibilité d’améliorer les services, qui se présente comme la grande région de la ville de Québec qui accueille une beaucoup plus grande diversité de personnes.

C’est ce qui boucle la boucle concernant l’approche de l’ÉDIQ: ne pas seulement étudier l’expérience des migrants et des immigrants et leurs diverses communautés culturelles et linguistiques, mais d’être une force optimiste dans la transition actuelle qui fait face à notre région et qui continuera d’avancer.

Richard Walling, directeur général de Jeffery Hale les Partenaires communautaires
www.ediq.ulaval.ca

Categories: Français

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