Sillery, la petite histoire de l’avenue Maguire…

Sillery, la petite histoire de l’avenue Maguire…

LiQ_Mag_Dec_2014Cet article est tirée de l’édition de décembre 2014 de Life in Québec Magazine. Life in Québec est un magazine d’actualité commentée et de style de vie, publié 3 fois par année.
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Dès le milieu du 19e siècle, le secteur de l’avenue Maguire, que l’on connaît aujourd’hui comme le cœur de Sillery, est un secteur prisé par la grande bourgeoisie et les marchands de bois de Québec. Déjà, deux classes sociales s’y installent peu à peu et y resteront encore aujourd’hui. Pour la classe ouvrière, les chantiers se trouvent juste au bas de la falaise. Pour la classe huppée, la vue panoramique sur le fleuve et sa grande richesse naturelle sont des attraits majeurs.

L’arrivée du tramway en 1911 accentue les liens avec Québec. Le terminus, se trouvant directement sur l’avenue commerciale, aide à faire de cette artère le point central de la municipalité et, en 1950, le village devient la banlieue de Québec telle qu’on la connaît aujourd’hui. En 1980, profitant des programmes de revitalisation, les commerces de l’avenue Maguire embellissent leur image. Avec la compétition de centres commerciaux imposants sur le boulevard Wilfrid-Laurier, le secteur mise alors l’ambiance d’une petite rue de village. Depuis presque 50 ans des commerces et services comme l’épicerie Roset, la librairie Vaugeois et la Caisse Populaire de Sillery y survivent grâce à une clientèle fidélisée.

Sillery is an example of the full impact that public transit and the presence of different social classes and generations can have on the urban development of a community. The major Sillery families still live there, and services are still varied and accessible. Parks and green spaces abound. However, this sought-after sector has seen its population get older. The large houses that once held 10 people are now only home to two, and there are a growing number of retirement homes in the area.

LiQ_Mag_Abonnez-vousLes environs de Maguire n’étant plus ou peu accessibles pour les jeunes familles ou les étudiants, les jeunes y ayant grandis quittent. La population active de Sillery est composée de gens ayant de bons salaires. Ils se déplacent en voiture, vont manger dans les restaurants tendances de Québec, et font leur épicerie dans les nouveaux power centers. Le zonage en vigueur pour les commerçants de Maguire ne permet pas la vente d’alcool sans nourriture, ce qui n’incite pas non plus les jeunes universitaires – pourtant si près – à y venir.

L’idée n’est pas de mettre à la porte nos aînés, bien au contraire. Il est primordial pour le bon fonctionnement d’une communauté d’y retrouver une population variée autant selon l’âge que selon les revenus. Au fond, il manque simplement de jeunes. Dans les dernières années, les deux dépanneurs de l’avenue Maguire ont fermé leurs portes, étant non-rentables. Cela en dit long sur le manque d’achalandage de la rue comparativement à autrefois. Également, le parcours 16 du Réseau de Transport de la Capitale, qui était le seul à desservir la côte de Sillery et le secteur du Foulon près du fleuve, a été modifié dû à un manque d’utilisateurs.

Pourtant, depuis déjà quelques années, les promoteurs sont nombreux à vouloir acheter des maisons afin d’y construire des édifices à logements supplémentaires, des édifices commerciaux et des projets de condos et de maisons de ville. Encore une fois, les résidents de Sillery ne sont pas faciles à convaincre: en avril dernier, les citoyens du secteur ont lancé une pétition dénonçant ce qu’ils appellent la « densification sauvage ».Trois cent cinquante citoyens l’ont signée en l’espace d’une semaine. Des pancartes ont également été installés sur plusieurs maisons. Il faut dire que les promoteurs se font de plus en plus insistants, allant même jusqu’à faire du porte-à-porte afin de convaincre les résidents de vendre. Le maire Labeaume, lui, souhaite voir des projets concrets se développer et n’hésite jamais à faire connaitre sa position lors des assemblées du conseil de ville de Québec, disant «Il y a des gens qui voudraient que rien ne change. La nouveauté est dérangeante, mais à un moment donné, il faut l’accepter. C’est ça, vivre en communauté.»

François Joyet, ancien président et membre fondateur de la Société de développement commercial de l’axe Maguire, a tenu à souligner l’importance de la SDC : «En se dotant d’une structure permanente sous la forme d’une SDC, nous serons dorénavant en mesure de mieux planifier et coordonner nos actions tout en permettant de maintenir un juste équilibre entre les attentes des gens d’affaires et celles des résidents, et ce, en ne perdant pas de vue que la vocation première de notre artère commerciale demeure d’offrir des services de proximité à la population environnante ». Malgré tous les efforts de la SDC et ses 110 commerçants, les embûches et les obstacles ne cessent de leur mettre des bâtons dans les roues. Entre autre, le comité de conservation du patrimoine historique de Sillery et les différents regroupements de citoyens du quartier s’opposent aux différents projets de développement proposés soit par la SDC ou du maire.

«Le Vieux-Québec a vu ses citoyens quitter le quartier. Est-ce que c’est ça qu’on veut? C’est vers là où on s’en va, parce qu’il n’y a pas un projet qui est capable de voir le jour. Alors comment on fait pour amener des jeunes familles?» s’inquiète Mme Verreault, ancienne directrice générale de la SDC Maguire. Selon elle, la vie de quartier de Sillery est menacée par les groupes d’opposition qui se dressent contre tout développement. «Les gens sont vieillissants, mais ils ne veulent pas quitter, parce que c’est leur quartier depuis 40, 50 ans. Il y a toujours un arbre à protéger, il y a toujours quelque chose à protéger», constate-t-elle.

La SDC Maguire souhaite que la densification se fasse de manière harmonieuse avec le cachet historique de Sillery et reste axée sur la conservation des lieux communautaires et publics et des espaces verts.

Bref, tout un combat pour des commerçants qui se retrouvent victimes de l’évolution d’une société et freinés par la réticence au changement. Malgré tout, l’avenue Maguire reste une des plus belles rues commerciales de Québec, présentant un décor architectural rappelant l’histoire du quartier et étant entourée de lieux majestueux tels les Bois-de-Coulonge, la promenade Champlain et le Domaine Cataraqui. Si vous ne connaissez pas, une visite s’impose!

 

About Author

Nadia Hammouda

Nadia Hammouda has worked in the field of communications and marketing for a number of years. Graduated from College Mérici’s Event and Conference Management programme, she opened a small business on Maguire avenue in Sillery in 2014. She is the owner of La Confiserie La Bricole and also works in the management of her parents’ restaurant, Le Rameau D’Olivier. Her passion for people and the ideals of community living are such that she enjoys getting involved in her community and helping different organisations in her sector.

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