Une nouvelle vision de la politique fédérale à Québec

Une nouvelle vision de la politique fédérale à Québec

LIQ_Mag_Mar2014_Cover_FinalCet article est tirée de l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine.

Life in Québec est un magazine d’actualité commentée et de style de vie, publié 3 fois par année.

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Même s’il s’agissait jadis d’une affirmation commune, la notion que les jeunes sont cyniques et désillusionnés par la politique a largement été mise à tort dans les dernières années. Des mouvements comme Occupy Wall Street, et le Printemps Érable plus près de chez nous, ont prouvé que, plus que jamais, il y a un important regain d’énergie parmi les jeunes qui poussent pour obtenir une place à la table quand vient le temps de parler des défis de société. Dans une certaine mesure, Joël Lightbound représente (le début de l’intégration de cette énergie jeune) cette jeune énergie dans les courants dominants du système politique – dans son cas, au niveau fédéral.

Même si la politique provinciale occupe plus souvent la scène ici au Québec, Joël voudrait que plus de gens comprennent pourquoi ce qui se passe à Ottawa mérite notre attention. « Le Québec ne porte peut-être pas beaucoup d’attention à la politique canadienne, mais souvent on se sent comme si la politique canadienne ne portait pas non plus beaucoup d’attention au Québec non plus, » il dit.

Quand on lui demande des exemples, ses yeux s’allument. « Ça serait facile de souligner le manège militaire ou au pont de Québec, par exemple, et ce sont des problèmes sérieux et bien réels que le gouvernement canadien doit redresser, » commence-t-il, ajoutant rapidement « mais c’est seulement une partie du problème. Ce qui me motive, c’est que j’ai l’impression de voir la société qui m’a permis de devenir ce qui je suis aujourd’hui disparaître, et je ressens une certaine urgence d’agir. »

Même si, à coup d’œil, il est l’image même du « nouveau bourgeois » professionnel dans la mi-vingtaine, Joël ne se cache pas de ses origines modestes. Son grand frère et lui ont été élevés dans un petit appartement par leur mère. Il est passé de l’école secondaire de Rochebelle au CÉGEP Champlain Saint-Lawrence, se méritant l’appui et la reconnaissance de sa communauté, et est devenu un des rares étudiants acceptés à la faculté de droit de l’Université McGill directement en sortant du CÉGEP. Joël a ensuite passé l’examen du barreau de New York et du Québec et s’est joint à Fasken Martineau DuMoulin, une grande firme d’avocats à Montréal. À la fin de l’an passé, il a quitté son emploi pour revenir s’établir à Québec et tenter d’avoir la nomination du Parti libéral du Canada dans la circonscription de Louis-Hébert, espérant ainsi être la voix de sa circonscription aux prochaines élections fédérales.

Québec – la ville et la province – semble avoir des relations tendues avec les partis politiques fédéraux. La province s’est balancée à répétition d’un bout à l’autre  de l’échiquier politique au cours des élections récentes, avec le « mystère Québec » ( la ville) ajoutant une frime additionnelle aux allégeances en évolution constante. Sur ce, le raisonnement pratique de Joël pourrait offrir une bouffée d’air frais à la région, qui semble se tenir à l’écart des politiques de ligne de parti. « Un parti est un moyen, et non une fin, »  affirme-t-il simplement. « La façon que le système actuel fonctionne, vous avez besoin d’un parti qui rejoint le plus que possible vos valeurs, et ensuite vous travaillez de l’intérieur pour le pousser dans la direction que vous croyez être la meilleure pour vos électeurs et le pays. »

Quelles sont ces valeurs? « D’abord, nous avons beaucoup vu s’agrandir le faussé entre les riches et les pauvres au cours de la dernière décennie et la classe moyenne est en rétrécissement constant. Sur ça, le Canada est passé d’une société de compassion de cœur et de raison à une société où, de plus en plus, c’est la loi du plus fort. C’est un facteur important qui m’a poussé à me présenter, parce que je crois que nous nous éloignons d’une société d’opportunités qui nous permet à tous de remplir notre plein potentiel. »LiQ_Mag_Abonnez-vous

Il a aussi des buts plus directs qui résonnent avec les électeurs plus jeunes. « Le droit à la vie privée sur internet est aussi une question importante, pour moi, » dit-il, « et très peu de gens réalisent à quel point le gouvernement fédéral est important là-dedans. Je ne crois pas qu’il soit correct que notre gouvernement puisse jeter son regard sur nos communications privées sans mandat ni procédure judiciaire, » comme nous avons récemment été témoins dans l’actualité. « Les télécommunications sont une juridiction fédérale, et c’est au gouvernement fédéral de se montrer aux attentes. »

D’intérêt particulier pour sa circonscription de Louis-Hébert, qui abrite l’Université Laval ainsi que plusieurs CÉGEPs et centres de recherche, est la promotion de la recherche, qui a vu son financement fédéral coupé dans les dernières années. Ces coupures font plus que simplement faire mal à l’économie de la région, plaide-il, mais « elles ont un impact réel qui diminue notre capacité d’améliorer, par la recherche scientifique, les vies des gens à travers le pays, et à travers le monde. Tout commence là, et le gouvernement du Canada a un rôle important à jouer. »

Pour plusieurs de ses amis de longue date, son projet politique est un pas qui venait depuis longtemps, et au long de son parcours il a été capable de tisser des appuis improbables. Les membres des communautés rwandaises et bosniaques de sa circonscription, par exemple, se sont avérés des supporteurs importants pour Joël. « Le Québec a historiquement été une terre d’accueil pour des réfugiés et immigrants tentant de construire ou reconstruire leurs vies. Le gouvernement fédéral est responsable des régulations d’immigration, et doit garder notre politique étrangère axée sur le maintien de la paix. « Pour les immigrants et réfugiés, ce n’est pas de l’idéalisme – c’est la réalité qu’ils vivent tous les jours. » Joël s’inquiète aussi pour la réputation internationale du Canada, qui en a écopé quand le Canada a perdu, pour la première fois, sa place au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Joël n’est pas non plus le seul membre de la nouvelle génération à être intéressé par  la politique. À travers le Québec, plusieurs aspirants candidats préparent déjà le terrain pour les éventuels concours de nomination officiels des partis – particulièrement dans le parti libéral. Plusieurs de ces candidats en herbe s’activent sur l’internet et les réseaux sociaux comme jamais, montant sites web et pages Facebook pour connecter plus directement avec leurs communautés. Joël ne fait pas exception. « Une chose que les habitudes électorales variables à Québec nous montre, c’est qu’il n’est pas suffisant de passer faire un tour dans ta circonscription une fois au quatre dans et espérer être réélu sur la popularité de ton parti, » affirme Joël.

« Aujourd’hui, les nouveaux médias nous donnent plusieurs options pour maintenir une proximité avec nos communautés, même si on est à Ottawa, mais rien ne bât être sur le terrain et être accessible en personne. Surtout à Québec, c’est la seule façon qu’on peut servir nos communautés, politiquement, à long terme. »

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