Vue de l’Hôtel de Ville

Vue de l’Hôtel de Ville

LIQ_Mag_Mar2014_Cover_FinalCet article est tirée de l’édition de mars 2014 de Life in Québec Magazine. Life in Québec est un magazine d’actualité commentée et de style de vie, publié 3 fois par année.
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Andrew Greenfield, pour Life in Québec Magazine, a été invité à l’Hôtel de Ville de Québec pour parler avec la maire suppléante, Mme Michelle Morin-Doyle, pour en savoir plus sur son parcours, sa carrière politique, et ses opinions sur toutes sortes de sujets.

Voici ce qui en est resorti.

Je suis allé à l’Hôtel de Ville un froid matin de mi-janvier et une fois entré, après une courte marche dans l’air crispant de l’hiver à Québec, j’ai été immédiatement marqué par la chaleur venant non seulement de l’intérieur, mais aussi du personnel au bureau de réception. Ce n’est pas quelque chose que j’associe typiquement avec les endroits de travail du secteur public.

Accueillis par Mme Morin-Doyle, nous avons rapidement commencé l’entrevue. J’ai été immédiatement mis à l’aise et nous avons parlé pendant environ une heure en prenant un café.

J’ai découvert que Mme Morin-Doyle est arrivée à Québec à l’âge de 10 ans, suite à un parcours qui passait de Kingston (où elle est née), Montréal et finalement Toronto. Elle a déménagé ici avec ses parents et deux sœurs quand son père, un employé d’Ultramar, trouva un emploi à la raffinerie que la compagnie avait ouverte. Tout au long de son enfance, la langue à la maison était l’anglais puisque son père, un Beauceron, l’avait appris après avoir rencontré la mère de Mme Morin-Doyle, une anglophone. Michelle est allée à l’école anglophone, puisque sa mère était là pour l’aider avec ses devoirs.

C’était cependant important d’apprendre le français en guise de respect pour la famille de son père, et aussi puisqu’ils habitaient dans une province francophone. Mme Morin-Doyle passa des étés merveilleux en Beauce avec ses cousins, entourée de la langue de Molière. « L’immersion est la meilleure façon d’apprendre et de surmonter les obstacles linguistiques, » dit-elle.

Après avoir terminé l’école secondaire, Mme Morin-Doyle étudia à l’Île-du-Prince-Édouard et, jeune mariée, déménagea à Calgary. Son mari, qui venait de Québec, a des origines irlandaises du côté de son père et françaises du côté de sa mère. Il a été élevé dans les deux langues alors c’est devenu naturel pour lui de constamment changer d’une langue à l’autre avec le temps.

L’attrait de Québec était trop fort, alors dans le début des années 1980 ils ont décidé de revenir dans la région pour y mettre des racines. « Québec nous ramenait constamment. Elle a juste quelque chose de spécial » dit-elle avec enthousiasme.

Quand elle se fait demander si, il y a une trentaine d’années, elle aurait pu imaginer avoir une position aussi importante à la Ville, elle nous répond « Non, quand tu as cet âge, t’élèves une famille dans une sorte de bulle. La politique était quelque peu loin de moi, mais j’y attachais un petit intérêt. »

À l’époque, elle se concentrait sur son implication au niveau scolaire puisqu’elle voulait démontrer à ses enfants l’importance de l’éducation. Pour elle, la meilleure façon de le faire, c’était par les écoles. Sa progression passa par les comités scolaires, puis la Holland School Foundation, le conseil des commissionnaires de la commission scolaire, puis finalement la présidence de la commission scolaire. Elle dit que « parallèlement à ça, j’ai toujours cru qu’on peut être impliqué dans plus qu’une communauté. Alors, je l’étais. Je me suis impliquée comme bénévole sur plusieurs comités, avec le Voice of English-speaking Québec, et d’autres organisations. À travers ça, j’ai commencé à m’impliquer comme bénévole dans les élections municipales, provinciales, et fédérales. C’est là que j’ai commencé, vraiment. »

À mesure que son contact avec les départements municipaux est devenu plus régulier, Mme Morin-Doyle réalisa qu’une fois que nous sommes impliqués dans notre communauté, la municipalité locale a en réalité beaucoup d’influence sur les organisations. Elle les voyait comme des partenaires aidant à fournir une meilleure qualité de vie pour les gens autour d’elle – quelque chose qui n’a pas changé aujourd’hui et qui fut le facteur majeur la poussant à s’impliquer dans ce genre de chose.

Elle dit qu’elle a commencé en « faisant les portes ». « J’adorais ça. Ils cherchaient des volontaires et j’ai sauté sur l’occasion. C’est encore une grosse partie du processus électoral aujourd’hui. Durant la campagne, j’ai fait 6000 portes. »

Tout ce temps, Mme Morin-Doyle affirme que « j’ai eu peut-être une ou deux personnes qui n’ont pas réagi comme j’aurais voulu, mais ce n’était jamais fait de façon impolie. »

Je lui demande si c’est peut-être à cause de la nature des gens de la région : « C’est tellement une place superbe où vivre ici, croyez-vous que c’est en partie à cause de l’attitude des gens? » Mme Morin-Doyle croit que nous sommes très chanceux de vivre où nous vivons. Elle a l’opportunité de rencontrer plusieurs personnes venant de partout dans le monde. Elle me dit que des gens d’autres villes lui disent qu’ils trouvent incroyable la chaleur de l’accueil de nos citoyens. « La raison principale pour laquelle cette ville à tant de succès, c’est les gens qui vivent ici. »

Nous continuons en parlant du rôle de Mme Morin-Doyle à l’Hôtel de Ville. Je lui demande quelles sont ses responsabilités principales comme maire suppléante d’un jour à l’autre. « Viens avec moi une semaine et on verra si tu peux suivre » me repond-elle. Blagues à part, Michelle me dit qu’elle remplace le maire (Régis Labeaume) quand il n’est pas disponible pour un événement ou pour représenter la Ville.

« Peut-il être remplacé? » je demande.

« Non. Il est unique. » La réponse est instantanée.

Je veux apprendre pourquoi Régis Labeaume est si bien aimé et quelles sont ses qualités. Mme Morin-Doyle dit que « Ayant appris à le connaître si bien, c’est qu’il n’est pas un politicien – il est un élu. Il y a une grosse différence. C’est une personne qui s’intéresse et qui se souci. Il a une vision. Il est vraiment une partie de sa ville, et il veut en faire la meilleure qu’il y ait. Il veut rapidement trouver des solutions aux problèmes. Pour lui, il a Québec tatoué sur le cœur. Il est accessible, et il adore être en public. Il faut être capable d’écouter ce que les gens veulent – et il a une excellente capacité pour le faire. »

Elle continue : « Il n’y a personne de parfait, je ne suis pas parfaite, mais nous mettons nos forces de l’avant et avons une excellente équipe de conseillers dévoués. Il y a le maire, moi-même, et le comité exécutif. »

Je lui demande si elle croit que c’est difficile pour une personne qui ne parle pas français de déménager ici.

Elle nous dit : « Je crois que pour quelqu’un qui prend la décision de quitter sa maison, son réseau, sa communauté – sa famille, vraiment – ça prend une quantité énorme de courage et un certain type de personne. Ce n’est pas une chose facile à faire. C’est un engagement massif. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui décident de faire ça. La culture est certainement différente ici, c’est un grand changement, et évidemment, pour la majorité, c’est une langue différente. Mais je crois que la plupart des gens qui prennent la décision de venir le font avec la volonté d’apprendre la langue, et sachant qu’ils déménagent ici, plusieurs commencent avant même d’arriver. »

Je demande s’il y a des systèmes en place pour aider ces gens à s’intégrer et s’établir aussi rapidement que possible.

Michelle_Morin-Doyle_webMichelle dit que « ici à l’Hôtel de Ville, nous travaillons avec des organisations comme Voice of English-speaking Québec, et notre personnel aide avec le recrutement d’ouvriers spécialisés, pour que lorsqu’ils arrivent, s’ils ont besoin de services en anglais, ils sachent où aller. Nous aidons avec cette intégration. Alors je ne crois pas que c’est une chose si difficile, mais c’est un engagement de leur part. »

J’ai demandé si la Ville fait quelque chose pour accueillir les gens qui déménagent ici.

Mme Morin-Doyle poursuit : « Nous ne sommes pas le ministère de l’Immigration, nous n’avons aucune juridiction. Ce qui est important, pour nous, c’est la ville. Nous offrons des sessions d’information en français, et vous pouvez aller sur notre site web pour vous y inscrire. Les gens ont la latitude de venir quand ils sont confortables en français. Nous avons aussi intégré un tour en autobus, pour qu’ils puissent voir notre infrastructure. Nous travaillons avec des partenaires pour que cela se fasse. Une fois par année nous avons une réception de bienvenue pour tout le monde. Le maire y va, c’est important pour eux qu’ils sachent ce qui est disponible. »

« Comment l’immigration est-elle différente entre ici et Montréal? » je demande. Elle n’est pas confortable à commenter ce qui se passe à l’extérieur de Québec, mais ajoute, « nous sommes intéressés aux gens qui déménagent ici et nous allons faire de notre mieux pour en prendre soin et qu’ils se sentent bienvenus. »

La ville semble changer, et l’a fait dans les quelques années que j’ai vécues dans la région avec ma famille. Avec l’influx de gens dans la région ayant des origines dans les secteurs non-francophones du monde, je suis intéressé à savoir quelles sont ses pensées à propos de la composition ethnique de la ville dans trente ans.

Mme Morin-Doyle prend une pause, réfléchit un peu, et offre sa réponse. « C’est une bonne question. Notre objectif est de faire de Québec une destination touristique de première classe, et aussi une des villes les plus attrayantes offrant la meilleure qualité de vie. »

Je demande s’il s’agit d’un grand défi. « Oui et non » dit-elle. Elle me dit ensuite « je pense que nous voulons rendre notre ville attirante, vivante, et vibrante. Je pense qu’on s’y approche. Nous voulons être d’intérêt pour une grande variété de groupes d’âge. Je pense qu’on a accompli ça. Nous avons une économie diversifiée ici, nous avons été chanceux de ça. Nous sommes chanceux – la qualité de vie est exceptionnelle, et si vous regardez la ville nous avons l’histoire, l’héritage, et vous êtes à vingt minutes d’activités extérieures. Vingt minutes et vous êtes dans les montagnes. » Elle continue, « Nous voulons que la Ville offre quelque chose à tout le monde. Il y a beaucoup de choses qui se passent ici à Québec et à l’Hôtel de Ville.

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Je continue avec l’Hôtel de Ville et je lui demande de quoi est-elle la plus fière depuis qu’elle s’est impliquée avec l’Équipe Labeaume.

Elle me dit qu’elle est le plus fier de leurs promesses électorales de 2009. « Nous avons livré sur tout sans exception. Prenez l’amphithéâtre – il est maintenant visible, et il sera fini en respectant le budget et l’échéancier. »

« Il est important que les gens sachent que si vous votez pour Équipe Labeaume, nous allons là, et ça va couter tant. Tout ce que nous avons entrepris a été fait ou est en train de se faire. »

Pour en finir, je reviens à l’immigration. Je demande, « pourquoi quelqu’un voudrait déménager dans cette région? »

La maire suppléante est de tout sourire. « Il y a beaucoup d’opportunités ici, la Ville a des ententes avec des gens comme Québec International et plus de 60 autres organisations sur le territoire qui sont spécialisés dans l’intégration des familles. Nous croyons dans notre appui à leurs activités. Ils ont l’expertise, nous ne pouvons pas tout faire seuls et nous sommes très chanceux de pouvoir travailler en partenariat avec eux. Nous appuyons beaucoup leurs activités qui interculturelles. Nous sommes souvent appelés par un employeur disant qu’un employé (nouvellement arrivé) à un besoin particulier, et nous sommes dans une excellente position d’être capable de les pointer dans la direction du partenaire le plus utile. Une fois qu’ils sont là, nous nous assurons qu’ils ont le support nécessaire, alors nous avons une approche collaborative. Tous ces partenaires sont listés sur le site web de la Ville de Québec (www.ville.quebec.qc.ca). Alors pour ceux qui pensent déménager à Québec, toute l’information est là. Les gens font souvent de la recherche avant de déménager, alors le lien est déjà fait. »

C’est sur cette note positive que je remercie cette femme clairement très occupée. Je quitte l’Hôtel de Ville en pensant à ce qui fait Québec. Ce n’est pas trop pire ici, non?

Categories: News, Politics

About Author

Andrew Greenfield

Andrew Greenfield moved to Quebec in 2009. He is part of the team responsible for the publishing company behind LifeinQuebec.com and Life in Québec Magazine. He has been involved with online and print media since 2001. He is passionate about cricket, is a qualified coach, and his real ambition is to start a cricket team in Quebec City – something he freely admits is probably beyond him. Follow him on Twitter @GreenfieldAndy

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